Consommer des produits locaux et de saison s’inscrit en France comme une tendance de fond. Néanmoins, la notion de « circuit court alimentaire » peut être employée à tort et à travers, une ambiguïté entretenue par certaines entreprises qui utilisent ce mot magique pour (re)gagner la confiance des consommateurs.

Qu’est-ce que le circuit court ?

Le circuit court est parfois associé, à tort, aux kilomètres qui séparent le producteur du consommateur. Mais le Code de la Consommation est clair : le circuit court ne prévoit pas de notion de proximité physique, il est uniquement lié au nombre d’intermédiaires financiers qui interviennent dans la chaîne de distribution : zéro ou un seul, en l’occurrence.

  • S’il n’y a pas d’intermédiaire, on parle de vente directe
    Producteur → Client
  • S’il y a un seul intermédiaire, on parle de vente indirecte
    Producteur → Détaillant → Client
  • A partir du moment où il y a plusieurs intermédiaires, on parle de circuit long
    Producteur → Grossiste → Détaillant → Client

Dans le cas du circuit court alimentaire, l’intermédiaire est généralement un détaillant (une épicerie, un primeur, une boucherie, un traiteur, un affineur, un restaurateur…) ou un service numérique, à l’instar de La Ruche qui dit oui !

La définition du Laboratoire de l’Economie Sociale & Solidaire vient nuancer le périmètre du circuit court en lui attribuant une dimension plus sociale (forcément) :

« Un circuit court est une relation transparente entre plusieurs acteurs de l’économie obéissant à 4 critères incontournables :

  • La création de liens sociaux et de coopération ;
  • L’équité dans les échanges financiers ;
  • Une approche participative ;
  • Une logique pédagogique. »

Qu’est-ce que la vente directe ?

La vente directe est une forme de circuit court. La transaction se fait de l’exploitant au client final, en excluant toute forme d’intermédiaire. La personne qui fabrique le produit et la même qui en assure la vente.

Le producteur (agriculteur, éleveur…) doit donc assumer les différentes étapes de la distribution, de la récolte du produit à sa commercialisation. Cela implique une charge de travail et des responsabilités supplémentaires. Mais en contrepartie, le producteur peut dégager de meilleures marges et fidéliser une clientèle locale, avec qui il noue un lien de proximité.

Quelques exemples de vente directe

  • La vente à la ferme (panier, cueillette…)
  • Les marchés de producteurs 
  • Les AMAP
  • Les tournées
  • L’étal en bordure de route

💡 La plateforme d’annonces alimentaires Les Choux d’à Côté peut être utilisée en complément de ces modes de vente directe. Ce service met en relation producteurs et acheteurs, et en aucun cas ne fait office d’intermédiaire !

Et la proximité dans tout ça ?

Pour vous donner un ordre de grandeur, un circuit court alimentaire est qualifié “de proximité” lorsque la distance entre le lieu de production et le lieu de consommation est inférieure à 150 km.

Le périmètre suggéré par l’ADEME est beaucoup plus restreint : 30 km pour les produits agricoles bruts, 80 km pour les produits transformés. Un défi pour les locavores les plus rigoureux !

Au sens strict du terme, ni la vente directe ni le circuit court n’induisent de notion géographique précise. Néanmoins, parce qu’elle se passe de tout intermédiaire, la vente directe apporte une garantie plus solide en termes de proximité… mais pas systématiquement ! 

Par exemple, si je commande des gousses de vanille directement à un producteur de Madagascar, il s’agit bien d’une vente directe, mais pas en filière locale 😉.



Au-delà de ces considérations, l’important est d’avoir conscience que la manière dont on s’alimente a un impact à plusieurs niveaux – social, environnemental, écologique…
Ensuite, à chacun de remplir son frigo à la hauteur de ses moyens et en faisant des choix éclairés.


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